« Ce que j’entends, je l’oublie. Ce que je vois, je le retiens. Ce que je fais, je le comprends ». Ce proverbe chinois a longtemps été cité comme la matrice génitrice des approches participatives. Apparues à la fin des années 1980 comme conditionnalité des Programmes d’Ajustements Structurels (PAS) lors du passage de l’Etat entrepreneur à l’Etat facilitateur, les approches dites participatives ou botton up sont nées du postulat que les échecs constatés de nombreux projets de développement sont imputables aux logiques exogènes très « top down » c’est à dire du haut vers le bas. Dans de nombreux projets de développement, « les savoirs populaires sont ignorés ou considérés comme des obstacles au progrès rationnel » (Hobart, 1993). On appellera donc populisme idéologique cette exaltation des vertus du peuple, vertus cognitives, politiques, morales, culturelles (Olivier de Sardan, 2001). Le populisme idéologique a donc une vision enchantée des savoirs populaires.
C’est ce populisme idéologique qui légitime les approches endogènes de développement et, surtout, les méthodes « participatives » de recherche rapide fondées sur diverses techniques d’animation, développées par Chambers (1970) et ses disciples, qui ont pour objectif de promouvoir une recherche sur les paysans qui soit menée par les paysans eux-mêmes, et dont les chercheurs ne seraient que les facilitateurs. Le populisme idéologique s’appuie sur l’opposition entre une recherche classique « extractive » et une recherche alternative « participative ». Pour Olivier de Sardan (2001), il ne s’agit de rien d’autre que de stéréotypes. Dès lors, une rupture épistémologique entre le populisme méthodologique et le populisme idéologique s’impose. C’est à ce prix qu’il devient possible de combiner, en bonne rigueur scientifique, la découverte des représentations et des logiques populaires et la mise en évidence des contraintes qui les régissent.
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