6 mai, 2026
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Les dirigeants des pays francophones se méfient de la société civile

Alors que dans les démocraties modernes, l’intervention des groupes d’intérêts et des organisations de la société civile cherchant à influencer les décisions publiques, les dispositions législatives et réglementaires, fait partie intégrante de la formulation des politiques publiques, les pays de l’espace Afrique francophone, bien qu’ayant adopté la démocratie pluraliste comme mode de gouvernance, prennent encore beaucoup de distance avec les groupes de défense des intérêts et des causes.

Dans cet espace, la société civile, qui peine encore à intégrer les pratiques d’influence, est souvent suspectée d’instrument de déstabilisation, de complicité avec l’opposition et les réseaux tapis dans l’ombre ou encore de menace contre la forme de démocratie voulue par les dirigeants. Cette posture des pouvoirs publics francophones est bien un héritage historique. L’esprit des institutions d’Afrique francophone est  généralement inspiré de la conception française de l’Etat qui privilégie encore le rousseauisme, contrairement à l’approche Tocquevilienne (nord américaine) de la démocratie qui souligne l’importance de la société civile et la nécessité de la prise en compte de ses revendications par l’Etat.

Les théoriciens de l’Etat moderne, Thomas Hobbes et plus encore Jean-Jacques Rousseau, ont toujours vu dans les corps intermédiaires un danger pour l’Etat. Dans Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau est très clair : “Il importe donc pour avoir bien l’énoncé de la volonté générale qu’il n’y ait pas de société partielle dans l’Etat et que chaque citoyen n’opine que d’après lui.”(Rousseau, 1966). Dès lors, l’on peut se demander avec Emmanuelle GARAULT et  Géry LECERF (2012) s’il est encore aujourd’hui possible de concevoir l’intérêt général de manière autoritaire, verticale, unilatérale et transcendantale dans un monde qui s’internationalise, se fondamentalise, s’individualise et se contractualise. Dans ce contexte, les organisations de la société civile et les lobbyistes africains devraient travailler à l’émergence d’une interaction plus qualitative sur le fond et sur la forme avec les pouvoirs publics.

 

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